L'enfant qui tape et qui mord

Temps de lecture 4 minutes
Auteur
Tom, 10 mois, donne des coups de pieds quand on le change. Camille, 2 ans, tire les cheveux de ses petits camarades à l'école ; Léa, 4 ans, casse les jouets de son petit frère… Face à ces comportements impulsifs, il est légitime de s'interroger : pourquoi l'enfant se comporte-t-il ainsi et comment réagir ? Comprendre les mécanismes du développement émotionnel de l'enfant est essentiel pour apporter une réponse adaptée à ces situations.
Entre 0 et 1 an
Les bébés découvrent le monde et l'explorent par les sens, ce qui implique parfois la bouche et les dents !
Entre 0 et 2 ans
Il est possible que les percées de dents les amènent à mordre ou mordiller pour soulager la douleur.
Après 2 ans
Le cerveau de l'enfant est immature, ils ne savent pas encore comment gérer les frustrations et les conflits autrement que par des gestes pulsionnels qui peuvent être connoté "d'agressifs" dans les représentations de l'adulte, mais qui ne sont pas motivés par une volonté de faire mal de la part de l'enfant. Apprendre à gérer la colère fait partie intégrante du processus de maturation émotionnelle.
Du fait de cette immaturité cérébrale, il ne faut pas interpréter ces gestes comme un signe de méchanceté mais lui expliquer que la violence dirigée contre autrui n'est pas acceptable et donc lui apprendre d'autres moyens de se défendre, d'exprimer sa frustration ou de gérer les conflits avec ses amis. Ce travail d'accompagnement contribue directement à la sociabilisation de l'enfant.
A contrario, mordre l'enfant à son tour est une mauvaise manière qui encourage et renforce son comportement, puisque l'adulte est le modèle de l'enfant. En le mordant lorsqu'il mord, on lui envoie inconsciemment le message que : « lorsque quelqu'un t'irrite ou t'agresse, le mordre est une bonne solution ». Il en va de même pour toute autre forme de punition corporelle. L'approche de la communication non violente offre des alternatives bien plus efficaces et respectueuses.
Comment réagir lorsqu'un enfant mord ou tape ?
- Intervenir rapidement en commençant par réconforter et soigner l'enfant qui a été mordu et/ou tapé.
- Verbaliser ce qui se passe : "je vois que tu as mordu X, tu dois être très faché / fatigué… "
- Lui rappeler les règles fondamentales : "il est interdit de blesser (mordre / taper…) les autres". Savoir poser le cadre entre douceur et fermeté est primordial pour que l'enfant intègre ces limites.
- Encourager l'enfant à mettre des mots sur ce qu'il ressent (quand il a accès à la parole) et à trouver d'autres moyens de se "décharger".
Lorsqu'on remarque qu'il se sent irrité par les gestes d'un autre enfant, on peut l'aider à mettre des mots sur ses émotions. Ainsi, on encourage l'enfant à utiliser sa bouche pour parler et s'exprimer, plutôt que pour mordre et taper les autres.
En revanche, il est important de ne pas le punir car cela ne l'empêchera pas de recommencer. Il peut aussi être nécessaire de comprendre ce que veut signifier l'enfant par son comportement et quel message se cache derrière cette agressivité.
Quand l'agressivité survient entre frères et sœurs
Les gestes agressifs sont particulièrement fréquents dans la fratrie. Le petit frère qui s'empare d'un jouet, la grande sœur qui ne veut pas partager son espace : ces situations du quotidien sont de véritables déclencheurs. Comprendre la dynamique des disputes entre frères et sœurs permet aux parents de mieux anticiper et désamorcer les conflits avant qu'ils ne dégénèrent en coups ou en morsures.
Il est essentiel de ne pas prendre systématiquement parti pour l'un ou l'autre enfant, mais plutôt d'accompagner chacun dans l'expression de ses besoins. L'aîné peut ressentir de la jalousie face à l'attention portée au plus jeune, tandis que le cadet peut utiliser les gestes physiques comme seul moyen d'expression disponible à son âge.
Adopter une posture bienveillante sans laisser faire
Face à un enfant qui tape ou qui mord, l'enjeu pour l'adulte est de trouver le juste équilibre entre empathie et fermeté. L'approche de la parentalité positive propose justement de poser des limites claires tout en accueillant les émotions de l'enfant sans les minimiser.
Concrètement, cela signifie qu'on peut dire fermement « je ne te laisserai pas frapper » tout en ajoutant « je vois que tu es en colère, et c'est normal d'être en colère ». Cette posture, au cœur de l'éducation bienveillante, aide l'enfant à se sentir compris tout en intégrant progressivement que certains comportements ne sont pas acceptables.
Le rôle de la nounou ou du babysitter face à ces comportements
Les professionnels de la garde d'enfant sont régulièrement confrontés à ces situations, parfois avec plusieurs enfants en même temps. Maîtriser les techniques pour gérer les comportements difficiles est une compétence clé pour tout intervenant auprès des jeunes enfants.
Qu'il s'agisse d'une nounou à domicile ou d'un babysitter ponctuel, il est important d'adopter une attitude cohérente avec celle des parents. Une bonne communication entre la famille et le professionnel permet de mettre en place des stratégies communes. Savoir identifier les signes précurseurs de stress chez l'enfant (fatigue, faim, sur-stimulation) aide également à prévenir les crises avant qu'elles ne surviennent.